Prevention violence

 

Tous les milieux de vie des enfants (ex.: famille, école, etc.) contribuent à influencer leur développement. Aussi la violence peut-elle provenir de chacun de ces milieux, incluant l’école. Ils s’influencent mutuellement et contribuent à aggraver ou à amoindrir ses effets sur l’enfant. Ainsi lorsque la violence existe dans la famille ou la communauté (ex.: équipes sportives, etc.), il est probable qu’elle se reproduise aussi à l’école. Ainsi, tous les milieux de vie de l’enfant influencent son implication ou sa non implication dans des situations de violence à titre de victime ou d’auteurs. C'est pourquoi la prévention de la violence concerne aussi bien l'école que la famille : 

 

L'ÉCOLE, UN MILIEU DE VIE INDIQUÉ POUR LA PRÉVENTION DE LA VIOLENCE

 

L’école a pour mission de préparer les élèves à la vie professionnelle mais également à la vie personnelle et sociale. Par la transmission d’un certain nombre de valeurs, elle encourage l’autonomie et la responsabilisation des enfants et des jeunes. Mais l’école peut être aussi le théâtre de violences. Harcèlement, bagarres, racisme, menaces, exclusion ou violences sexuelles peuvent se dérouler dans le contexte scolaire. Ces manifestations de violence nécessitent alors des mesures ciblées.

Une stratégie de prévention à l’école doit tenir compte des causes multifactorielles de la violence et proposer une palette de mesures complémentaires :

  • La promotion d’un environnement favorable et épanouissant pour l’ensemble des acteurs de l’école est le terreau nécessaire à la mise en œuvre de toute mesure de prévention ciblée. La palette d’actions est large - amélioration du climat scolaire, établissement de règles et de sanctions claires, élaboration d’une charte, mise sur pied de structures de participation,… – pour tendre vers une coexistence harmonieuse.
  • Le renforcement des compétences sociales et relationnelles des élèves peut être mise en œuvre dès les premières années de scolarité. Différents programmes portant sur l’affirmation de soi, la gestion des émotions et des conflits, l’écoute et le respect ont montré des effets positifs dans toute une série de problématiques survenant à l’adolescence : consommation de substances, comportements à risque, violence, etc.
  • L’action ciblée sur les expressions précoces de problèmes comportementaux, tel le harcèlement scolaire ou l’absentéisme, devrait également faire partie des mesures constituant une stratégie globale de prévention en milieu scolaire. Les priorités thématiques sont déterminées selon le profil et les besoins particuliers de chaque école.
  • La formation du personnel scolaire est un élément incontournable. L’actualisation des connaissances sur la violence à l'école, ses nouvelles formes (ex.: la cyberviolence) et sur la sensibilisation aux processus d’intervention précoce sont des thèmes de formation possibles.
  • Le partenariat éducatif avec les parents est essentiel. Premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, les parents doivent être associés à toute démarche de prévention ou d’intervention.

 

En considérant que l'école vise, entre autres, la construction de la personnalité et l'acceptation du caractère collectif enn société, la stratégie de prévention doit aussi tenir compte du cycle d'étude de l'élève, selon qu'il soit à l'école primaire ou au secondaire :

  • À l'école primaire, au moyen de diverses activités et de certains enseignements au programme ou particuliers (ex.: la morale, la religion, l'éducation civique, etc.), les adultes de l'école doivent aider les élèves à prendre conscience de leurs actions du point de vue de leur camarade, ou général. De même, qu'ils doivent les aider bien comprendre que les contraintes de la vie collective sont les garants de leur liberté, que la sanction n'est pas contestable puisqu'elle révèle l'application de règles. Cela va amener les élèves à refuser la violence, à maîtriser les conflits et à débattre des problèmes rencontrés à l'école.
  • À l'école secondaire, au moyen de diverses activités et des enseignements aux programmes ou particuliers, les adultes de l'école doivent amener les élèves à bien intégrer que l’école doit être et surtout rester un lieu où toute agression, même verbale, doit être impérativement combattue. Lutter contre celle-ci ne relève pas seulement du domaine des enseignants d'histoire-géographie et d'éducation civique, mais également celui des arts, de la littérature, des sciences, de la philosophie, du droit, de l'EPS …
  • Dans les deux cycles, une attention toute particulière doit être portée aux situations qui peuvent engendrer une quelconque violence : mise à l’écart, échec scolaire, ennui en récréation ou pendant l'interclasse. Tout type de violence constatée doit faire l'objet, de sanction tel qu'une réflexion individuelle ou collective qui en facilite la prévention.

 

L'apprentissage à la démocratie à l'école, un moyen de prévention primaire

La prise de parole est un fondement de la démocratie. L'école doit pouvoir assurer cet apprentissage.

Le respect de tout homme, se développe par le débat, la participation orale et l'ouïe de l'avis d'autres. La communication au sein d'un groupe est un objet d'apprentissage qui doit être pratiqué par tous les enseignants, car elle prévient les conflits et/ou de mieux les gérer.

 

D'autres moyens de prévention universelle

L'école a également la mission d'éduquer les élèves à la citoyenneté. Elle est présente à tous les niveaux de la scolarité, présentant des activités diversifiées, aussi bien pendant les heures de classe qu'en dehors de celle-ci. Elle constitue à elle seule un ensemble de savoir, de valeurs à transmettre à l'élève, de pratiques et de manière d'être à lui enseigner. Cela peut se faire avec : 

  • Le travail en groupe peut faire naitre des formes de coopération entre les élèves, dans lesquelles ils apprennent à s'écouter, argumenter, évaluer l'état du travail sans s'agresser, comprendre des points de vue différents, prendre des décisions communes et s'y tenir, s'organiser...
  • La sensibilisation au moyen des actions à portée éducative au sein des écoles (ex.: conférence-débat, atelier, exposé, etc.) en y associant aussi souvent et aussi largement que possible l’ensemble des acteurs éducatifs : élèves, parents et tout le personnel scolaire. Ces actions à portée éducative misent sur le développement d’habiletés sociales et émotionnelles pour diminuer les conduites inadéquates et améliorer les compétences personnelles des enfants à la régulation des émotions et à la résolution des problèmes interpersonnels. Cela peut se traduire, entre autres, par la sensibilisation des élèves aux manifestations de violence et aux répercussions sur les jeunes, l’identification des comportements violents et des manières d'aider les jeunes à ne pas devenir agresseurs ou victimes, l’apprentissage des rapports égalitaires et des comportements pacifiques dans les relations interpersonnelles, etc.

 

LA FAMILLE, UN MILIEU DE VIE POUR APPRENDRE L'EMPATHIE AUX ENFANTS

 

L'éducation que l'enfant reçoit lui permet d'acquérir un sentiment de bien-être dans le respect du bien-être d'autrui. À ce titre, les parents ont un rôle important à jouer dans la prévention des violences. Premier milieu de vie de l'enfant et, surtout premiers responsables de son éducation, ils sont chargés de :

  • lui apprendre à développer l’empathie, c'est-à-dire lui faire comprendre qu’il existe toutes sortes de sentiments et toutes sortes de manières de souffrir : il n’aime pas souffrir, alors il ne doit pas faire souffrir les autres.
  • lui enseigner le respect, c'est-à-dire lui apprendre à faire preuve de respect vis-à-vis des autres. Cela revient à lui apprendre, entre autres, à écouter quand les autres parlent, à partager, à attendre son tour, à suivre les règles communautaires, à aider les autres, à dire des choses gentilles aux autres.
  • lui parler de l’empathie et du phénomène de la violence à l’école ou au quartier, c'est-à-dire lui demander, par exemple, ce qu’il ressentirait s’il subissait des violences et s’il y avait d’autres enfants présents qui regardaient sans rien faire.

 

  • lui faire comprendre que, s'il veut avoir le soutien de quelqu'un lorsqu'il subira une violence, il faut qu’il intervienne lui-même quand un autre élève se fait agresser. Il s'agira pour lui de rapporter à un adulte ou un camarade de l’école, voire à un membre de sa famille les faits observés.

Ajouter un commentaire